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Nomadisme : des outils de plus en plus efficaces

octobre, 2019
Nomadisme : des outils de plus en plus efficaces

 

Et si dans un avenir pas si lointain le travail en entreprise tel qu'on le connaît depuis l'instauration généralisée du salariat devenait l'exception ? Certes il existe des domaines d'activité dans lesquels la présence simultanée, à un même endroit, de personnes travaillant sur un projet commun est encore indispensable. C'est le cas notamment dans l'industrie, l'artisanat ou l'agriculture. Mais dans les services — plus de 75 % de l'activité en France aujourd'hui—, ce mode de fonctionnement est-il toujours nécessaire, voire simplement utile ? De moins en moins si l'on en juge par la part croissante qu'occupent désormais les travailleurs nomades. Une montée en puissance qui s'explique pour l'essentiel par des nouvelles technologies qui permettent à présent de travailler à distance, vite, bien et de manière sécurisée.

 

Individualisation et équipement généralisés

Le développement des Nouvelles technologies de l'information et de la communication, les fameuses NTIC, au cours des dernières années ont profondément modifié la façon de vivre de chacun d'entre nous. Elles facilitent en effet l'accès à l’information, quelle qu'elle soit, et ce où que l'on se trouve. Cela facilite la mobilité puisqu'il n'est plus nécessaire de se trouver à un endroit donné pour être joint. Lors du développement de la téléphonie mobile est ainsi apparue une expression totalement inconnue avant : « T'es où ? ». Précédemment, lorsque l'on appelait un numéro de téléphone, il était nécessairement fixe, puisque la téléphonie mobile n'existait pas. On savait par conséquent où se trouvait notre interlocuteur. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Le téléphone n'est plus attaché à un lieu, mais à une personne.

 

Cette individualisation qui imprègne désormais la société entière ne peut pas être sans répercussion sur la vie professionnelle. Jadis en effet, les salariés trouvaient au sein de leur entreprise des moyens techniques et technologiques — ordinateurs performants, logiciels, réseau entre les salariés, fax, photocopieurs… — qui n'existaient pas en dehors. Puis, petit à petit, c'est l'extérieur qui a apporté innovation et nouveautés au sein de l'entreprise, comme en témoigne l'acronyme anglo-saxon BYOD — bring your own device —, en français « apportez votre propre matériel ». Nombreux ont alors été, et sont encore aujourd'hui, celles et ceux qui utilisent ainsi leur propre mobile au travail, lorsque le réseau de leur entreprise est défaillant par exemple. D'autres ont recours à leur ordinateur personnel, pour les mêmes raisons. Dès lors, l'entreprise n'apporte plus techniquement à ses salariés ce qu'elle leur apportait il y a quelques années seulement. Bien souvent, elle les ralentit même…

 

L'information pour tous, partout

Il en est de même pour ce qui est de l'accès à l'information. Il y a longtemps déjà que la documentation, les livres, la presse, etc., que l'on pouvait seulement trouver au bureau, est à disposition sur Internet. Il en est de même à présent pour ce qui est des données propres à l'entreprise. Celles-ci sont en effet de moins en moins stockées au sein même de l'entreprise et ont été dématérialisées et délocalisées dans les nuages, autrement dit dans le cloud. Il n'est par conséquent plus nécessaire de se trouver à proximité immédiate de cette information pour y accéder.

 

La numérisation de la vie de tous les jours à pour conséquence une explosion de la quantité de données produites et stockées. Cela d'autant que l'amélioration permanente des technologies, qui permet une amélioration du service rendue — qualité des images, de la vidéo, le son, etc. — augmente en retour la quantité des données produites. Du coup, les documents numériques sont de plus en plus lourds et donc plus difficiles à transmettre. Aux réseaux internes des entreprises, souvent surchargés et sous-performants, se sont substitués des outils extérieurs que l'on utilise indifféremment à l'intérieur et à l'extérieur de l'entreprise. On transfère ainsi des documents lourds entre un poste de travail et un autre, au sein du même bureau, via ces outils, sans recourir aux moyens techniques mis à disposition par l'entreprise. Dès lors, à quoi peut bien servir ledit bureau ?

 

Communiquer et travailler à plusieurs, mais à distance

Si les nouvelles solutions et technologies — très souvent gratuites — permettent de plus en plus de s'affranchir de ce que peut offrir une entreprise, ils ne peuvent rien contre l'isolement des salariés « délocalisés ». En effet, la technique n'est pas tout et le travail d'équipe est indispensable, voire irremplaçable. Pour autant, la proximité physique des différents intervenants sur un même projet est-elle nécessaire à 100 % ? Est-il au contraire possible de travailler loin les uns des autres l'essentiel du temps et de se rencontrer à intervalles réguliers, pour faire le point par exemple.

 

En effet, il n'est plus nécessaire aujourd'hui de se voir pour communiquer et avoir des échanges réguliers et instantanés avec ses partenaires. Dans ce domaine aussi il existe à présent des outils grâce auxquels on peut converser, confronter des points de vue, échanger des documents et suivre en direct l'avancement d'un projet. Là non plus, il n'est pas nécessaire de se faire face. Pour autant, il est parfois plus rapide et plus productif de se parler que de s'écrire. Certaines explications « passent » mieux en effet à l'oral qu'à l'écrit. Là aussi nombre d'outils sont à présent disponibles qui permettent d'organiser des visioconférences à plusieurs personnes. Il suffit le plus souvent de se connecter à un site, de choisir une salle de rendez-vous virtuelle et de se rencontrer, virtuellement là aussi, via son écran d'ordinateur, de tablette ou de mobile. Selon l'offre ou le nombre d'intervenants qui peuvent se connecter simultanément, ces prestations sont gratuites ou payantes.

 

On peut aussi préférer se parler sans se voir pour autant. Les conf call, qui sont depuis des années très répandues en entreprise, sont aujourd’hui accessibles hors de son enceinte. Comme pour les visioconférences, il suffit de se connecter au site du fournisseur de services et de suivre les différentes étapes à suivre. Le plus souvent, la conf call devient payante au-dessus d'un certain nombre d'intervenants et d'une certaine durée. Ces prestations sont d'autant plus souples et pratiques que l'on peut y prendre part à partir d'un téléphone fixe, d'un mobile, d'une tablette ou d'une interface web.

 

Le coworking, pour se rencontrer de temps à autres

Pour autant, les vraies rencontres sont parfois, voire souvent, nécessaires pour le bon déroulement d'un projet. Des espaces de coworking, indépendants des bureaux de chacun, ont ainsi été déployés au sein même des entreprises depuis plusieurs années. Ces espaces remplacent parfois les traditionnelles salles de réunion où l'on se donnait — ou donne encore — rendez-vous pour faire le point sur un dossier. Mieux équipés, véritablement destinés au travail, ces espaces sont une des manifestations du nomadisme intra entreprise.

 

La généralisation des open spaces, si elle peut favoriser la convivialité et faciliter la surveillance, est en revanche une bien mauvaise idée en termes d'efficacité de travail et de concentration. La création de ces vastes espaces de travail sans séparation entre les individus a débouché sur la création d'autres espaces, plus petits, isolés et fermés où se rencontrer, parler, argumenter, parfois se disputer. Plus récemment, des espaces de coworking sont également apparus pour accueillir des salariés qui ont leur propre bureau, mais qui apprécient de pouvoir, parfois, travailler ailleurs. Ce nomadisme intra entreprise, ce désir de bouger tout en restant « au travail », est une sorte d'intermédiaire entre le travail posté traditionnel et le travail hors de l'entreprise. Quelle que soit la forme que prend le nomadisme extra entreprise, il nécessite lui aussi — lui surtout ? —, des endroits de rencontre.

 

Inconvénients et freins potentiels au nomadisme professionnel

Ainsi, les espaces de coworking hors entreprises se multiplient et peuvent prendre des formes très différentes. Certains s'y retrouvent avec d'autres pour faire le point sur un projet ou une mission commune, qu'ils gèrent séparément le reste du temps. Auquel cas la finalité est identique à celle des mêmes espaces dans une entreprise. D'autres ont recours à tels endroits pour travailler au milieu de personnes avec lesquelles ils n'ont aucun rapport professionnel. Il s'agit alors de ne pas rester isolé, de faire des rencontres, voire de tisser un réseau professionnel, etc. Bref, de gérer leur avenir et de manager leur propre carrière. Si le nomadisme rompt la monotonie du métro-boulot-dodo, il peut en effet la remplacer par un non moins monotone boulot-dodo.

 

L'isolement est un des principaux risques de ce mode de fonctionnement, en termes de relations humaines d'abord, mais aussi d'émulation, de stimulation, de progrès personnel. Les idées nouvelles naissent souvent de l'échange, voire de la confrontation des avis. Une autre limite au nomadisme extra entreprise est qu'il désorganise l'entreprise, qu'il gomme la hiérarchie et rend moins utiles certaines fonctions. Celles et ceux qui les occupent ne sont dès lors pas favorables à cette nouvelle organisation.

 

Si les dirigeants et les cadres supérieurs voient plutôt d'un bon œil ces délocalisations de l'emploi, notamment parce qu'elles permettent de faire des économies en termes du bureau, les cadres intermédiaires y sont beaucoup moins favorables. Ils ne peuvent plus en effet contrôler de façon aussi stricte le travail de leurs subordonnés, en qui ils n'ont pas toujours confiance. Or, ce contrôle fait partie intégrante de leurs missions. Si au final le travail est fait en temps et en heure hors de l'entreprise, en dépit de l'absence de contrôle du management, c'est l'existence même de ce management qui peut être remise en cause. À quoi sert en effet l'encadrement s'il n'y a plus personne à encadrer et si l'éventuel contrôle est fait par des logiciels ?

 

La sécurité peut également être un frein à un développement du travail nomade. En utilisant souvent un matériel personnel non sécurisé, les nomades risquent d'introduire des menaces informatiques sur le réseau de l'entreprise. La meilleure parade est alors d'équiper celles et ceux qui travaillent à l'extérieur et de contrôler les logiciels, leurs mises à jour, etc. Cela coûte forcément plus cher à l'entreprise, mais ce coût peut sans doute être compensé par les économies de « mètres carrés » réalisées lorsqu'il y a moins de personnes à accueillir.

 

Au final, le nomadisme semble être une tendance de fond. Lorsqu'un salarié a pris l'habitude de travailler chez lui, il lui est très difficile de revenir en arrière. Il gagne en liberté, en mobilité, en autonomie, en motivation et, partant, en productivité. Ajoutons à cela les économies « immobilières » réalisées et les entreprises ont toutes les raisons de se satisfaire de leur nouvelle organisation. Reste à régler les questions de sécurité et les réticences de certains cadres. Des cadres qui risquent en effet eux aussi de devenir surnuméraires, comme les mètres carrés des bureaux vides.

 

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